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© Bruno Perroud
Interview par Caroline Fabre
Josiane Pinson
Auto proclamée psy pour le meilleur et pour le rire

Outre sa carrière à l'écran, cette formidable comédienne ne cesse d'explorer une même thématique au théâtre, la femme, à travers ses propres textes (La quarantaine rugissante, PSYcause(s)) ou ceux des autres (« La femme qui frappe » de Victor Haïm...).
Dans PSYcause(s) 3, au Petit Hébertot, Josiane Pinson est Elle, la psy si fragile, et elles, ses patientes, dont les névroses nourrissent les siennes. On y est parfois touché en plein coeur mais surtout, on y rit.
"PSYcause(s) 3" commence par un enterrement et finit par une renaissance. Entre les deux, elle règle pas mal de ses problèmes et ses patientes lui font perdre patience. Quelle peut être la suite ?
Il n'y en aura pas ! En trois étapes, j'aurais fait exister quelque soixante femmes, dressant ainsi un portrait le plus universel possible de la Femme, avec toutes ses contradictions, envies et fantasmes jamais conciliables et sa quête perpétuelle de bien-être et d'équilibre remis en question jusqu'à la mort car plus on avance en âge, plus nos désirs changent. Cependant, pas question d'en faire un principe commercial. C'est le dernier volet de ce qui restera donc une trilogie ! J'ai voulu ce clap de fin entier et extrême, quitte à heurter quelques sensibilités. Dès le début, un enterrement ? Grâce à Gil Galliot, metteur en scène intelligent et exigeant, j'ose ! Quid de la liberté sexuelle évoquée à travers la polysexualité de mes personnages ? En ces moments de rétrécissement de la pensée, ça fait du bien !

D'où vous vient cet attrait pour la psychanalyse ?
On a tous, sans le savoir, des cases plus ou moins ouvertes à des matières. Ainsi, j'étais nulle en maths mais première en philo. Pourtant ma prof m'enlevait toujours deux points « c'est un devoir de psychanalyse » me disait-elle sans cesse... mais je n'avais jamais ouvert un bouquin de psy de ma vie ! Alors, j'ai potassé le sujet. Puis, devenue jeune maman et pas du tout en phase avec ma propre vie, j'ai commencé une analyse.

Comment est né le premier PSYcause(s) ?
Il y a en moi une petite case auteur toujours à l'affût, parfois inconsciemment. Ainsi, en sortant de mes séances d'analyse, j'ai pris le pli de m'asseoir dans un troquet pour noter ce qui venait de se passer. En écrivant, j'ai trouvé le moyen de distancier mes propres malheurs et, plus tard, en 2010, de faire rire avec eux.

Pourquoi explorer l'inconscient de la psyché féminine ?
Au départ, c'est celle que je connais le mieux. J'aime le fait que, que l'on ait 20, 40 ou 60 80 balais, on puisse se retrouver dans un ou plusieurs des portraits que j'ai dressés. Mon public est composé de gens qui viennent et reviennent, parfois jusqu'à six fois ! Cela lui parle donc fort et profondément. Si je peux, avec beaucoup d'humilité, contribuer un petit peu à la cause féminine qui en a plus besoin que jamais, je suis heureuse !

A noter, Josiane vient d'écrire, pour Alexis Victor (vu dans "Le repas des fauves"), un "PSYcause(s)" en version masculine... On ne se refait pas !
Paru le 30/01/2019

(20 notes)
PSYCAUSE(S) 3
STUDIO HÉBERTOT
Du dimanche 21 octobre 2018 au dimanche 10 mars 2019

TEXTE(S). La vie de notre psy est décidément semée d’embuches existentielles. Nous l’avons quittée très occupée à "niquer la mort". Elle ne savait pas encore qu’elle traversait un long fleuve tranquille. Pour clôturer cette trilogie, PSYcause(s) 3 nous embarque dans les méandres les plus torturés de l’âme ...

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