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Bruno Perroud


Michel Derville
Le Cercle des illusionnistes
Le 22 juin, la pièce d'Alexis Michalik sera de retour au Théâtre de la Renaissance. Gros plan sur le comédien Michel Derville qui, depuis la création du spectacle en janvier 2014, aura été de toutes ses représentations, plus de 700 bientôt !
Quelles sont les raisons de votre fidélité à ce spectacle ?
Lors de la première lecture, chez Alexis Michalik, j'ai immédiatement été séduit par son art de tricoter les histoires, son savoir-faire pour mêler les époques. C'est une réflexion sur les cycles du temps, sur les opportunités qui se renouvellent dans une vie. Houdin et Méliès n'ont réussi qu'à s'épanouir assez tardivement. C'est l'un des messages de la pièce : il n'y a pas d'âge pour réaliser ses rêves, aussi faut-il s'y accrocher! J'aime aussi être le fil conducteur du spectacle, l'horloger, le maître du temps, une sorte de Comte de Saint-Germain qui croise les autres personnages de la pièce sous différentes formes, tantôt en peintre, tantôt en antiquaire, tout en restant le même à travers les âges. Et puis, presque tous les soirs, des spectateurs nous attendent et nous remercient de leur avoir permis de retrouver leur âme d'enfant en les faisant rêver ! C'est très agréable !

Quelle conception du théâtre défendez-vous ?
Selon moi, le rôle double du théâtre est de faire rêver et de poser des questions. C'est toujours ce que j'ai essayé de faire avec ma compagnie, Le Théâtre du Verseau, en interrogeant la place de l'artiste dans la société, notamment à travers deux de nos spectacles emblématiques "Vie et mort" de Pier Paolo Pasolini et "Nous, Théo et Vincent Van Gogh". Pendant la tournée du "Cercle des illusionnistes", j'ai également créé "L'Inversion de la courbe" de Samuel Valensi, au Théâtre de Belleville. Nous l'avons joué pendant quatre mois et j'espère une reprise pour la saison à venir.

Quel est son propos et sa résonance avec le monde actuel ?
C'est une sorte de fable sur notre obsession de la performance dans nos activités professionnelles. Elle montre comment on peut se retrouver d'un poste de grande responsabilité à la rue. Le sujet a été inspiré à l'auteur par sa rencontre avec l'association Les Petits Frères des Pauvres qui lui a fait prendre conscience de la précarité de nos situations. Comme dans les pièces d'Alexis Michalik, chaque comédien joue plusieurs personnages : je suis à la fois un chef d'entreprise strict et sans états d'âme, et le père du personnage principal, atteint de la maladie d'Alzheimer. Cette satire sociale montre, dans toute sa cruauté, la perversion de notre système économique. Beaucoup de cadres sont d'ailleurs sortis assez secoués des représentations ! Quand on se promène dans Paris et que l'on voit tant de gens dormir sur le trottoir, on se demande dans quel monde nous vivons, comment nous pouvons encore le supporter et ce que nous devons faire pour que les choses changent. Ce genre de spectacles peut susciter des prises de conscience individuelles qui invitent à se détacher des comportements délétères induits par le système
Interview par Alain Bugnard
Paru le 10/06/2018

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