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D.R.


Un Brigadier d’honneur pour Philippe Tesson
et son théâtre de Poche
Il y a cinq ans il devenait le propriétaire de ce lieu mythique. Il en partage depuis la direction avec sa fille Stéphanie et Charlotte Rondelez. Un travail d'équipe couronné cette année par la remise d'un Brigadier d'honneur pour la qualité de leur programmation.
Toujours bon pied, bon œil, l'esprit vif et fidèle à son franc-parler, Philippe Tesson vient de fêter son quatre-vingt dixième anniversaire. S'il a accepté avec plaisir ce prix, c'est en précisant qu'il ne se sent pas pour autant tout à fait légitime dans la famille du théâtre. « Pendant un demi-siècle ma place a été dans la salle puisque j'étais chroniqueur et critique. Depuis cinq ans je suis un patron de théâtre et ma seule légitimité, s'il en faut une, c'est que j'ai vu environ une dizaine de milliers de pièces et connaissant très bien le théâtre. J'ai mis cette culture au profit du Théâtre de Poche. » Trois têtes, trois fortes personnalités dont deux femmes de théâtre à part entière, comment les choses se passent elles ? Chacun son rôle ou au contraire... « C'est un travail collectif extrêmement agréable que nous poursuivons dans l'objectif commun défini au départ : Le respect du texte, la variété de la programmation, son dynamisme. Il est vrai que je m'occupe beaucoup de la programmation et que parmi les pièces que nous avons présentées, un certain nombre appartient à celles que j'avais particulièrement aimées. Le Mal court, Chère Héléna, The servant ou La Révolte par exemple. »

Nous avons pris comme principe que tout est théâtre et que le théâtre c'est la vie

Lieu de vie et d'échanges tout à fait singulier dont l'atmosphère chaleureuse se perçoit dès la porte franchie, à chaque salle, chaque horaire, chaque jour, ses particularités. Le théâtre au sens large ? « Comment dirais-je... ? A partir de sa tradition majeure qui est la représentation d'un texte classique ou contemporain, nous avons pris comme principe que tout est théâtre et que le théâtre c'est la vie, donc qu'il serait intéressant d'y ajouter des représentations de la réalité sociale, de la vie en général : Forums politiques, cabarets, spectacles poétiques ou littéraires, conférences et cinéclub... Au fond, nous faisons un peu du théâtre comme je faisais des journaux, dans ce rapport sensuel, passionné, dynamique à la vie. »

Totalement étranger à la vieille querelle théâtre public, théâtre privé, le directeur prouve régulièrement à travers ses choix que les deux peuvent faire le meilleur des ménages. Dominique Valadié s'est d'ailleurs vu remettre le prix du Brigadier 2017 pour "Au but", de Thomas Bernhard joué au Poche. « Le théâtre ne devrait pas être troublé par cette guerre qui en altère l'efficacité. Que voulez-vous, c'est une maladie française à laquelle je suis étranger ! » Théâtre aux multiples formes avec reprises ou prolongations de spectacles particulièrement plébiscités, découvertes comme ce "Berlin Kabarett" avec Marisa Berenson venue nous chanter le Berlin sombre des années trente, "Cabaret 68", ou "François d'Assise" de Joseph Delteil avec Robert Bouvier. « Voilà, une grande variété de propositions, il y en a trop pour qu'on les retienne mais tant mieux ! » Pour tout savoir donc, rendez-vous sur le site du Théâtre de Poche.
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 02/08/2018

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